De retour, Hellás

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Île de Sérifos, mai 2015

Cette année j'aurais la chance de beaucoup voyager grâce à ma famille ce qui m'étonne toujours beaucoup. Me voilà encore fraîchement rentrée d'une île des Cyclades la tête encore toutes aux criques solitaires aux eaux insolemment bleues, sa végétation méditerranéenne qui hume bon au plus elle est cramée par Helios. Telle une pâle copie romaine de l'originale, ma nouvelle région m'apparait alors comme une parodie de cette Grèce fidèle à ses traditions, et ces constructions de béton toutes plus atroces les unes que les autres qui s'étalent sur des kilomètres de cotes françaises semblent pleurer les pieds dans le sable tout sauf inépuisable qu'elles étaient il n'y a encore pas si longtemps. Comme j'eusse préféré que ce flot de mamies et papys convertis au Plastique et par wagons entiers débarqués dans les années 60-70-80 se soit plutôt inspiré du less is more à la grecque, les cubes en blanc et le reste en bleu, plutôt que d'opposer aux pierrailles en ruine ou aux immeubles haussmanien de l'ancien Monde qu'ils prétendaient devoir refaire les tristes édifices que nous connaissons aujourd'hui.

That year seems to be the one for the travelling bug and I'm blessed with a family that indulge it probably more than it ought, to my amazement each and every time. Here I am, back from the Cyclades, and on my retina still linger visions of solitary creeks whose waters are way more blue than what should be allowed. I can also conjurate out of memories the smell of mediterranean flora, burned by Helios and all the more intense for it. Like a poor roman copy of the original, my own region now looks like a mummer's farce of this Greece that didn't cut the link with its traditions, and to be true these lines of betoned constructions that plague kilometers of our own french coast seems but to cry with their feets in the sand they used to be not so long ago. Would that all those generations of foolish elderly converted to Plastic that keep migrating here since the 60-70-80s could have been more sensible to the less is more dogma, greek style, cubes in white and the rest in blue, instead of systematically replacing the old stone ruins and even haussmanian buildings they got bored with by the peachy yet not cheery constructions we are seing nowadays.

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Un créneau hasardeux à Athènes / debatable parking skills
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Contraste…
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La tête outrée de la mère vaut son pesant de feta. Et ce chaton blanc n'est qu'un sale rapporteur ! / That outré look on the cat mother is priceless. And its white progeny is one bad case of telltale, it is!
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nowplaying : Lisa Gerrard - The Mirror Pool

Commentaires

1. Le mardi 26 mai 2015, 13:52 par Hana-Rebecca

Ton titre m’a donné le sourire, malgré la mélancolie que cache le calembour.

J’aime l’angle de tes photos, et les couleurs ! On sent le soleil et les herbes. Ce blanc, ce bleu, cette végétation sèche me transportent – j’eus un débat il y a peu sur ce côté « aristocrate méprisant » de l’occidental voyageur, idée que je partage et qui m’entrave, souvent ; mais ces paysages me rappellent comme l’ailleurs me nourrit. J’aimerais partir en pèlerinage sur ces îles encore un peu sauvages, malgré l’architecture, et hanter les chemins caillouteux de mes robes blanches. Te voir, si peu de temps après ton séjour, a gonflé mon cœur de vents antiques.

2. Le jeudi 28 mai 2015, 20:14 par messalyn

@Hana-Rebecca : Cette blague ne m'hellás pas.

Merci pour les photos, j'attends toujours avec impatience ce moment où je les livre à ce blog, même si cette fois j'ai décidé de faire l'impasse sur les retouches, laissant moultes lignes d'horizon choir dans la mer. Quant aux couleurs, j'ai fini par comprendre qu'en mode automatique elles étaient plus fidèles qu'en manuel, un comble, enfin surtout, que d'heures perdues de par le passé à les rendre moins vertes.

Oui, je comprends bien cette vision dont tu parles, surtout que les voyages d'autrefois ont eu hellás (qu'est-ce que je disais) un impact désastreux sur les terres parcourues ! Que l'on puisse se dire à la fois captivé par l'ailleurs et avoir ce besoin impérieux de tout refaire à son image me dépasse. L'occidental de nos jours a bien des facettes à l'étranger, et justement en en discutant sur une table grecque, on parlait du français en particulier qui a la réputation de tout savoir toujours mieux que tout le monde. De mon côté, j'ai tendance à le voir partout à l'étranger, et plus souvent hors des sentiers battus que d'autres, ce qui sont plutôt des signes de saine curiosité.

Tout ça pour dire qu'en effet je t'imagine parfaitement marcher dans cette espèce de garrigue toute fleurie (d'ailleurs à Athènes la mode était aux — vraies — fleurs dans les cheveux !). Tu noteras au passage que l'une de mes photos ne représente non pas un coucher de soleil, mais bien un lever de lune rousse !

3. Le mercredi 3 juin 2015, 13:46 par Rehem

Un joli trait d'humour et de belles photos.

La beauté harmonieuse des ces ciels bleus et de ces murs immaculés a un je-ne-sais-quoi apaisant et en même temps un peu triste. Je ressens la même chose que devant les monochromes de Klein en fait, un vide horrible mais en même temps tellement poétique.

Merci pour ces images qui me donnent envie de partir à l'aventure !

4. Le dimanche 7 juin 2015, 23:41 par messalyn

@Rehem : Merci ! Ca vaut le coup la Grèce, je suis étonnée que mes photos inspirent là de la tristesse, là de la mélancolie (peut-être les couchers de soleil façon Gladiator ? XD) car pour moi c'est le pays de la douceur de vivre. Il fait beau, la nature est belle et généreuse malgré l'aridité (j'ai vu pas mal de citronniers dans les jardins, le thym et la lavande sont à volonté partout), on mange bien (mon premier séjour c'était resto à moins de 5€ tous les jours !). J'essayerais bien l'Italie côtière pour les mêmes raisons.